Dans « magnum song », le détective privé recherche une disparue. A une barmaid, il précise:
-Rousse, le genre femme fatale.
-Toi t'es le genre à qui toutes les femmes sont fatales! réplique la serveuse.
Outre mon goût pour la violence, chacun a pu déplorer mon inclination à déshabiller les jeunes femmes même si la situation ne le justifiait pas complètement. Je confesse, sans pour autant m'en repentir, cette douce faiblesse. Mon intention est bonne: « Toutes les belles ont droit de nous charmer, et l'avantage d'être rencontrée la première ne doit point dérober aux autres les justes prétentions qu'elles ont toutes sur nos cœurs. Pour moi, la beauté me ravit partout où je la trouve, et je cède facilement à cette douce violence dont elle nous entraîne. J'ai beau être engagé, l'amour que j'ai pour une belle n'engage point mon âme à faire injustice aux autres; je conserve des yeux pour voir le mérite de toutes, et rends à chacune les hommages et les tributs où la nature nous oblige. »
Et rappelons ceci au sujet de la Femme Fatale, par essence inaccessible: « Le fait qu'une acquisition exige efforts et sacrifices augmente l'attrait qu'elle exerce. »
Telle est la «coquetterie», mot qui rappelle lui-même le fond animal où la séduction humaine prélève l essentiel de ses ressources. C’est allonger le désir. C’est rendre long le désir et c’est se rendre longuement désirable. En se dérobant, le corps augmente son secret.
La coquetterie est une finalité sans fin. Être désirée sans fin, c’est être une valeur que rien ne consume.Voyez, par ailleurs, le vilain traitement que j'applique sans faiblir aux représentants de l'autre sexe. Je les afflige volontiers de toutes sortes de tares mentales ou morales. La sélection naturelle chère à Darwin fait, heureusement, que les belles contribuent à assainir la surface de la planète, suite à un différent domestique ou face à l’insensibilité masculine...