| "...C’est
ainsi que je créais des images en noir et blanc et, par extension,
des ambiances ou des références évoquant le film noir..." |
"...Situé
au plus bas de l’évolution humaine, le tueur obéissait
à des pulsions absolument incontrôlables qui le rendait incapable de se conformer à l’esprit des lois..." |
"...Il
y a cependant, rassurez-vous, une justice et tous ces agités du bocal
perdent définitivement la tête un petit matin..." |
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Je donne
une autre explication à ce penchant pour le crime representé
dans "les Lieux du Mystère":
CLAEYS
maudit l'emploi que le théâtre de la vie lui a dévolu. Emploi dans
le sens : Jeune premier, ingénue, servante ou valet. Lui, il est
un spécialiste de la représentation de la mort violente, du crime
organisé et de la délinquance artisanale. Et quand il dessine simplement
une jolie fille, son public cherche un maniaque caché derrière un
pan de mur foudroyé ou un Chesterfield patiné. Voici un petit florilège
de sa mortifère industrie : Lui, CLAEYS, c'était plutôt un sentimental…
Il se serait vu œuvrer dans la continuité d'un Edmund Dulac ou d'un
Arthur Rackam. Bref un doux rêveur, un créateur d'univers magiques
et enchantés, peuplés de fées, d'elfes et autres farfadets ! Un
sort contraire en a décidé tout autrement. Fatalitas ! Mais que
la vérité soit rétablie : La vraie coupable, c'est Miss Plunkett
!
Un personnage qu'il a crée, une sorte de professeur Moriarty décliné
au féminin, ajoutant à sa beauté la perversité de son sexe. Elle
n'entreprend jamais rien sans avoir préalablement pesé tout le mal
que ses propos ou ses actes peuvent infliger. Le mot le plus doux
à son oreille n'est-il pas " cruauté "?
Bref, un moderne génie du mal dont CLAEYS a du multiplier la représentation
pour satisfaire un public avide de sensationnalisme, ivre de sang
et friand de catastrophes… Enfin, pourvu qu'elles frappent les autres
! Miss Plunkett a, de ce fait, occulté le reste de son oeuvre.
Elle naquit d'une commande pour le " Centre de la Recherche Scientifique.
" Aussitôt, ce personnage avait pris ses distances avec son créateur.
Elle travestit la sage scientifique du rough en une espèce de diseuse
de bonne aventure. Cela au grand dan des commanditaires ! Puis elle
contesta ouvertement son rôle et réclama son libre-arbitre afin
de donner libre cours à son goût perverti pour la fine plaisanterie…
Enfin, elle s'émancipa complètement! Cette damnée peronelle méritait
une leçon. Et une des plus sévère. Pour cela, il suffisait à CLAEYS
de pénétrer dans son propre monde intérieur, d'y traquer la fâcheuse
et, pour finir, la liquider ! Mais comment, vous demandez-vous ?
Le plus simplement du monde : " De la même façon que les miroirs
sont les portes par lesquelles la Mort va et vient, les tableaux
sont les couloirs où les auteurs déambulent entre le rêve et la
réalité. "

Mais c'est
qu'on ne lève pas impunément le rideau du destin sans tomber dans
la fascination de sa propre image, joute éternelle entre le double
et la mort.
La Mort, occultée par le jeu du miroir dans la transparence duquel
se compose la scène de la vie, prend souvent un malin plaisir à
revêtir les plus belles formes de la séduction, pour faire sombrer
celui qui s'y aventure dans l'inconsciente agonie du narcissisme.
Qu'on se rappelle ces contes chinois dans lesquels les artistes
disparaissent dans un des personnages de leurs fresques, dessinés
à leur ressemblance. Ce sont des " Histoires de l'autre côté du
miroir " où les représentations dotées d'un pouvoir magique, retournent
à leur créateur l'énergie de son acte, dans la consécration d'un
lien hypnotique indissoluble. Les fresques des histoires ont libéré
leurs prisonniers, mais le voyage leur fut fatal : ils revinrent
frappés de mélancolie.
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